Comportement alimentaire - Fonction cérébrale
JFN2015/ABS-1172
Les comportements alimentaires sont des facteurs déterminants du risque d'obésité, indépendamment de la position socio-économique.
Marie Pigeyre1, 2, 3, Julien Rousseaux1, 2, 3, Alexandra Chmielewski1, 2, 3, Alain Duhamel1, 4, Philippe Amouyel1, 5, 6, Jean Dallongeville1, 5, 6, Monique Romon1, 2, 3, Aline Meirhaeghe* 1, 5, 6
1Université de Lille, 2CHRU, 3Unité de Nutrition, EA2694, 4Departement de Biostatistiques, 5Institut Pasteur de Lille, 6Inserm U1167, Lille, France
Introduction et but de l’étude: Il existe un lien étroit entre le comportement alimentaire, le statut socio-économique et le poids corporel. Le but de cette étude était d'évaluer l'influence du statut socio-économique sur les relations entre comportements alimentaires et l'obésité.
Matériel et méthodes: Nous avons conduit une étude cas-témoins (GECCOS) incluant 605 patients sévèrement obèses (78% de femmes, âge moyen 41 ans, IMC 42 kg/m²) et 403 individus non-obèses (77% de femmes, âge moyen 40 ans, IMC 22 kg/m²) recrutés dans un centre d’examens de santé. Le comportement alimentaire a été évalué par le questionnaire TFEQ-R21 et par des questions sur les circonstances de prise alimentaire (taille de l’assiette, nombre de portions, raisons pour arrêter de manger et à quelle fréquence les sujets mangent debout, en face de la télévision ou pendant la nuit). Le statut socio-économique a été estimé par un score calculé à partir de la profession, le niveau d’éducation et les revenus et divisé en trois niveaux (bas / moyen / élevé). Les analyses de régression multivariées ont été utilisées pour analyser les relations entre les comportements et l'obésité, le statut socio-économique et leurs interactions.
Résultats et Analyse statistique: Les comportements alimentaires tels que la restriction cognitive (p<0.0001), l’ingestion incontrôlée (p<0.0001), l’alimentation émotionnelle (p<0.0001), le nombre de portions (p<0.0001), manger la nuit (p<0.0001), en face de la télévision (p<0.0001), debout (p=0.003), manger dans une grande assiette (p<0.0001) sont significativement plus fréquents chez les sujets obèses que chez les non-obèses, quelque soit le statut socio-économique (interaction non significative).
De plus, les comportements alimentaires tels que l'ingestion incontrôlée (p=0.001), manger la nuit (p=0.03), en face de la télévision (p<0.0001) et manger dans une grande assiette (p<0.0001) sont plus fréquents chez les sujets de faible statut socio-économique.
Conclusion: Cette étude montre que 1) certains comportements alimentaires sont facteurs de risque d’obésité, indépendamment du statut socio-économique 2) certains de ces comportements sont plus fréquents dans les classes sociales basses (manger dans une grande assiette, manger la nuit ou devant la télévision). Ces données confortent le lien entre obésité et classe sociale basse et contribuent à mieux connaitre les comportements obésogènes en fonction des classes sociales.
Références: Les recherches relatives à ce projet ont été financées par la Fondation pour la Recherche Médicale, l’Institut Pasteur de Lille, l’Inserm, l’Université de Lille et le Conseil Régional Nord-Pas de Calais.
Conflits d’intérêts: Aucun conflit à déclarer