Métabolisme des macro- et micronutriments
JFN2015/ABS-1311
La vitamine A protège du stress inflammatoire au niveau des adipocytes in vitro et in vivo
Esma Karkeni* 1, Julien Astier1, Lauriane Bonnet1, Charlène Couturier1, Julie Dalifard1, Franck Tourniaire1, Jean-François Landrier1
1Faculté de Médecine Timone, UMR INSERM U1062/INRA1260 "Nutrition, Obésité et Risque Thrombotique", Marseille, France
Introduction et but de l’étude: Le tissu adipeux, par le biais d’une production d’adipokines, de chimiokines et de cytokines, joue un rôle majeur dans le développement de l’obésité et de ses complications métaboliques associées. Ce tissu est le second site de stockage pour la vitamine A après le foie. De nombreuses études épidémiologiques rapportent des carences en vitamine A chez les obèses. Cette insuffisance pourrait avoir un impact sur le développement de l’inflammation. Nous avons donc cherché à évaluer l’effet de la forme active de la vitamine A (All-trans-retinoic acid (ATRA)) sur l’inflammation au niveau des adipocytes in vitro et in vivo.
Matériel et méthodes: Nous avons eu recours à des cultures d’adipocytes humains et murins (3T3-L1), prétraités avec l’ATRA et traités ou non avec le TNFα. Les ARN totaux ont été extraits et purifiés pour réaliser des microarrays d’expression. Les chimiokines ont été quantifiées dans les surnageants de culture par le Luminex et le Proteome Profiler Array. L’effet de l’ATRA sur la migration des macrophages a été également étudié. Pour étudier l’impact de l’ATRA sur l’inflammation in vivo, des souris ont été gavées avec l’ATRA pendant 4 jours et au cinquième jour elles ont été injectées avec du lipopolysaccharide (LPS) (4 h). L’expression des marqueurs inflammatoires et des chimiokines a été quantifiée par qPCR. Les mécanismes moléculaires impliqués ont été étudiés par le biais de transfections de siRNA dirigés contre PGC1 (peroxisome proliferator-activated receptor γ coactivator)-α et des plasmides surexprimant PGC1α.
Résultats et Analyse statistique: L’ATRA entraîne une forte diminution du niveau d’expression d’un grand nombre de cytokines proinflammatoires et de chimiokines induites par le TNFα (microarrays (p=0,01) et qPCR (p<0,05)) au niveau des adipocytes humains et murins. Elle limite également la sécrétion des marqueurs inflammatoires en conditions de base. L’ATR limite la sécrétion de chimiokines dans les surnageants de culture des adipocytes. Cette vitamine réduit fortement la migration macrophagique induite par l’utilisation de milieu conditionné par des adipocytes (p<0,05). Cette vitamine module la voie de signalisation NF-κB en diminuant le niveau de phosphorylation de p65 et IκB (p<0,05). L’effet anti-inflammatoire de l’ATRA a été confirmé dans un modèle murin d’inflammation aiguë. Enfin, la modulation de l’expression des chimiokines par ATRA semble être PGC1α-dépendante.
Conclusion: Ces données montrent que l’ATRA limite la sécrétion des chimiokines en conditions de base. Elle limite également la migration macrophagique et l’expression des marqueurs inflammatoires au niveau des adipocytes et du tissu adipeux en conditions de stress inflammatoire induit par le TNFα ou le LPS. En conclusion, la vitamine A pourrait prévenir ou limiter les complications associées à l’obésité dont la réponse inflammatoire.
Conflits d’intérêts: Aucun conflit à déclarer