Dénutrition hospitalière - CLAN - Nutrition à domicile

JFN2015/ABS-1445

Influence, en fonction de l’âge, de la nutrition entérale cyclique nocturne sur la survie des patients hospitalisés dénutris

David Seguy* 1, 2, Amandine Behague2, Bénédicte Seignez2, Nicolas Danel Buhl3, Aliain Duhamel4 et L'Unité Mobile de Soutien Nutritionnelle du CHU de Lille

1LIRIC U995, 2Nutrition, CHU, Lille, 3Unité Transversale de Nutrition, CH, Lens, 4Biostatistiques, CHU, Lille, France

 

Introduction et but de l’étude: A chaque fois qu’elle diagnostique une dénutrition, notre Unité Transversale de Nutrition (UTN) propose une prise en charge dont la prescription incombe au médecin du service où le patient est hospitalisé. En cas d’échec des mesures diététiques (adaptation et enrichissement des plateaux, prescription de compléments oraux), l’UTN propose d’associer, à la poursuite de l’alimentation orale diurne habituelle, la réalisation d’une nutrition entérale cyclique nocturne (NEcn). En pratique, il s’avère que la mise en place de cette NEcn est d’autant plus difficile à obtenir que le patient est âgé. Le but de ce travail était d’étudier, durant leur séjour hospitalier et en fonction de leur tranche d’âge, la survie de patients dénutris chez qui l’UTN avait proposé le recours à la NEcn.

Matériel et méthodes: Cette étude concernait les patients adultes admis en hospitalisation conventionnelle et pris en charge par l’UTN entre janvier 2009 et décembre 2014. Les patients de réanimation, dépendants d’une NE exclusive ou justifiant une prise en charge palliative ont été exclus de l’analyse. La survie a été étudiée avec la méthode de Kaplan-Meier et un test du log rank a été utilisé pour comparer les patients qui recevaient effectivement la NEcn (Groupe NEcn) aux patients chez qui elle n’était finalement pas réalisée, conduisant alors à la poursuite des seules mesures diététiques (Groupe C).

Résultats et Analyse statistique: Les 6493 patients hospitalisés qui se sont vus proposer une NEcn par l’UTN étaient hospitalisés en médecine (66%) ou en chirurgie (34%) pour un séjour de 32±36 j (moy±SD), 44% d’entre eux étaient atteint d’un cancer. Parmi ces patients, 3996 (62%) ont reçu au moins un jour de NEcn (groupe NEcn) pour une durée d’administration de 12±20 j. La survie globale durant le séjour hospitalier était meilleure dans le Groupe NEcn que dans le Groupe C (95,4% vs. 91.5%; p<0.0001), soit une diminution de 54% du taux de mortalité. Le tableau indique les taux de survie selon la tranche d’âge et le groupe considérés:

 

 Tranche d'âge (ans)

[18 à 50[

[50 à 60[

[60 à 70[

[70 à 80[

[80 à 90[

[90

 Survie dans le Groupe NEcn (%)

97,9

95,8

94,2

95,7

91,8

82,0

 Survie dans le Groupe C (%)

 96,4

 93,7

 91,7

90,2

 85,7

 63,0

 p (log rank)

 0,034

 0,053

 0,034

<0,0001

 0,035

 0,006

 

Conclusion: Ce travail montre que la réalisation de la NEcn proposée par l’UTN améliore la survie des patients dénutris durant leur séjour. Cette supériorité de la NEcn par rapport à la seule poursuite des mesures diététiques est d’autant plus importante que les patients sont âgés. Un âge avancé ne constitue donc pas en soi un obstacle à la réalisation d’une NEcn en cas de dénutrition.

 

Conflits d’intérêts: Aucun conflit à déclarer