Obésité

JFN2015/ABS-1531

La glicentine : un nouvel acteur de l’axe entéro-insulaire ?

Elodie Bouaziz-Amar1, Christine Poitou2, Michele Fonfrede3, Myriam Kacimi4, Johanne Le Beyec - Le Bihan* 1, Jean-Marc Lacorte1

1Biochimie Endocrinienne et Oncologique, 2Nutrition, 3Biochimie Métabolique, APHP, PARIS, France, 4MERCODIA, Uppsla, Suède

 

Introduction et but de l’étude: Le bypass gastrique avec anse en Y RYGB est un traitement efficace de l’obésité sévère et morbide entraînant une perte de poids importante et réduisant les comorbidités associées. Cependant des hypoglycémie postprandiales tardives apparaissent parfois et sont expliquées par une hypersécrétion de GLP-1 et d’insuline secondaire à l’arrivée rapide des sucres dans le jéjunum. Dans ces conditions, on s’attendrait à ce que des mécanismes de contre-régulation, comme la sécrétion de glucagon, se mettent en place pour assurer le maintien de l’homéostasie glucidique mais cette réponse est très peu étudiée. Nous avons exploré les sécrétions postprandiales de l’axe entéro-insulaire chez des patients présentant des malaises postprandiaux après bypass gastrique. Nous nous sommes également intéressés à la sécretion de glicentine, un entéropeptide issu de la maturation du pré-proglucagon par les cellules entéroendocrines de l’intestin.

Matériel et méthodes: 20 patients, opérés par RYGB pour une obésité morbide et se plaignant de malaises postprandiaux, ont subi un test postprandial consistant en l’absorption de 400 ml d’une solution (FRESUBIN 2kcal, Fresenius Kabi) contenant 800 kcal (glucides 45%, lipides 35%, protéines 20%). Les prélèvements ont été réalisés avant puis à 30, 60, 90 et 120 min après l’absorption de la solution. Nous avons réalisé les dosages de glucose, de peptide C (Liaison XL, Diasorin), de GLP-1 (Epitope Diagniostics), de glucagon et de glicentine (Mercodia) et calculé les aires sous la courbe (AUC).

Résultats et Analyse statistique: Nous n’avons pas mis en évidence de différence sur les paramètres du métabolisme glucidique à jeun (glucose, peptide C, GLP-1, glucagon et glicentine) chez les patients se plaignant de malaises postprandiaux par rapport aux valeurs normales. Au cours du test postprandial seulement 35% (7 sujets) des patients ont présenté une hypoglycémie vraie (<3mmol/l) sans différence de sécrétion, estimée sur l’AUC à 120 min de l’insuline, du GLP-1, du glucagon et de la glicentine entre les 2 groupes (hypoglycémie versus pas d’hypoglycémie), même si les AUC étaient significativement supérieures comparées aux volontaires sains. Par contre, nous avons mis en évidence une relation entre l’AUC120 de la glycémie l’AUC120 de la glicentine uniquement (p=0.048). Enfin, nous trouvons des corrélations très significatives entre l’AUC de la glicentine et du peptide C (p=0.001), du GLP-1 (p=0.0013) et du glucagon (p<0.0001).

Conclusion: La sécrétion postprandiale de glucagon, de GLP-1 et d’insuline est fortement augmentée chez les patients ayant subi un bypass gastrique mais sans qu’une relation n’est pu être établie avec les hypoglycémies postprandiales. La sécrétion de glicentine par les cellules L de l’intestin est corrélée à la sécrétion du glucagon par les cellules alpha des ilots de Langerhans ainsi qu’à la réponse glycémique chez des patients ayant été explorés pour des malaises postprandiaux après bypass gastrique. Ce résultat pose la question d’un rôle possible de la glicentine dans le contrôle de l’homéostasie glucidique.

 

Conflits d’intérêts: Aucun conflit à déclarer