Obésité

JFN2015/ABS-1619

Protéine de transfert des phospholipides (PLTP) et maladies métaboliques

Lorène Lebrun* 1, Naig Le Guern1, Jean-Paul Pais de Barros1, Stéphane Mandard1, Isabelle Dugail2, Arnaud Bernard1, Philippe Besnard1, Valérie Deckert1, Laurent Lagrost1, 3, Jacques Grober1

1INSERM UMR866, Dijon, 2INSERM, Paris, 3CHU, Dijon, France

 

Introduction et but de l’étude: L’obésité et le diabète de type 2 sont des maladies métaboliques dont la croissance mondiale inquiétante évolue de façon épidémique. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, environ 1,9 milliard d’adultes sont en surpoids parmi lesquels 600 millions sont obèses et environ 347 millions d'adultes souffrent de diabète. Un certain nombre d’études cliniques semblent indiquer un lien entre PLTP (phospholipid-transfer protein) et maladies métaboliques toutefois celui-ci n’est actuellement pas encore clairement établi. De plus, nous avons récemment observé au laboratoire que les souris déficientes en PLTP (PLTP KO) développaient, avec l’âge, des perturbations métaboliques : hyperglycémie basale, intolérance au glucose, insulino-résistance, accumulation de masse grasse… L’objectif de notre étude est donc d’approfondir et d’éclaircir le rôle de la PLTP dans l’étiologie des maladies métaboliques.

Matériel et méthodes: Pour cela, nous avons nourri pendant 8 mois des souris PLTP KO et des souris contrôles avec un régime riche en graisse (HFD, 60% kCal) ou le régime normolipidique (LFD, 10% kCal) correspondant. La prise alimentaire ainsi que l’évolution du poids corporel ont été suivies. À l’issue de ce régime, la balance énergétique, la composition corporelle (EchoMRI®) ainsi que des tests métaboliques (OGTT, ITT, hyperlipémie forcée…) et biochimiques ont été réalisés. 

Résultats et Analyse statistique: Nos résultats montrent que les souris PLTP KO ont une augmentation du poids corporel significativement supérieure aux souris contrôles et ce dès la première semaine de régime. La balance énergétique (déterminée par la mesure de la dépense énergétique totale, de la prise alimentaire et de la perte fécale en lipides) des souris PLTP KO n’est pas altérée. Cette augmentation de poids corporel se traduit par une accumulation excessive de masse grasse chez les souris PLTP KO. Les souris PLTP KO présentent une intolérance au glucose ainsi qu’une insulino-résistance. Des expériences d’hypertriglycéridémies provoquées simulant un état postprandial montrent un défaut de clairance des lipides chez les souris PLTP KO. Enfin, une analyse lipidomique des plasmas des souris soumises aux régimes HFD et LFD montre une profonde modification des classes de lipides entre les deux génotypes. Sous régime HFD, les souris PLTP KO présentent un taux de céramides plus élevé que les souris contrôles.

Conclusion: Nos résultats confirment donc l’existence d’un lien entre PLTP et maladies métaboliques. En effet, l’absence de PLTP semble altérer le phénotype des souris sauvages avec l’âge, aggravation d’autant plus marquée lorsque les souris sont soumises à un régime riche en graisse.

 

Conflits d’intérêts: Aucun conflit à déclarer